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« Aventure Marocaine. »



Récit écrit par Thierry Peeterbroek.

Lorsqu’au début octobre 2010, je parle de ma réservation pour une semaine de pêche sur BEO à Éric, mon pote du Der, celui-ci me fait part de son intérêt afin de m’accompagner.
Scrutant attentivement les tarifs de Jet4You, je l’informe de la nécessité de se dépêcher pour obtenir son passeport en ordre, car les prix grimpent très vite.
Début décembre, ca y est, tout est en ordre et je respire enfin, même si les 3 semaines d’attente nécessaires afin d’obtenir tous les documents d’identité nous ont pratiquement fait perdre 100 euros chacun…

Enfin, soit, nos idées sont déjà en partie à BEO et à ses belles Fully Scales…
Nos réservations sont ainsi effectuées pour un trip en avion entre Charleroi et Casablanca (et retour bien sur), et auprès de Clément pour notre semaine de pêche sur BEO.

Notre programme se résume donc à ceci : • Départ le vendredi 08/04/201 après midi pour arrivée sur le lac de BEO en soirée après 04h00 de voiture, c.à.d. le temps approximatif nécessaire pour relier Casablanca au lac. Hôtel Assounfou?• Nuit du 08 au 09/04 à l’hôtel de Mark Vergauwen à Ouaouizerth • Installation sur les postes au petit matin, vers les 09h00. • Semaine de pêche du samedi 09/04 au vendredi 15/04 au matin • Départ du lac au matin du 15/04/2011, pour prise du vol retour vers les 17h00 en fin d’après-midi.

Il faut savoir que pour pêcher le lac de BEO semaine après semaine, durant toute l’année, seuls 2 TO sont actuellement habilités pour assurer le service, à savoir : - Marc Vergauwen, responsable pour 20 pêcheurs, dont assez souvent les Hollandais, Allemands, Anglais, Flamands, … ainsi que - Clément Fabre, lequel, est souvent plutôt concerné par les groupes de Belges Wallons, Français, Italiens,… mais avec une limitation à 10 pêcheurs pour sa part.

Chaque année depuis 2006, il faut aussi savoir que Marc et Clément négocient les amodiations nécessaires à l’exploitation des postes carpistes avec l’état marocain, et ce n’est qu’au prix d’âpres discussions (financières), qu’ils obtiennent le précieux sésame leur permettant d’exploiter une partie des 3600 ha de ce magnifique lac, c.à.d. une grosse partie de la droite du lac lorsqu’on consulte la carte via Google Earth, ainsi que toute la baie principale sur laquelle est installé le « camp de base ».
C’est ma 3ème expérience sur ce lac, mais j’ai néanmoins pris soin de rassembler un maximum d’informations auprès de copains l’ayant déjà pratiqué afin de recouper leurs infos avec les miennes.

Ainsi, pour des résultats optimums en termes de quantités et qualités, il m’a semblé judicieux de planifier cette session pendant les mois, qui peuvent s’avérer intéressants en terme de déroules, à savoir de mi-février à mi-mai.
En effet, mes 2 expériences précédentes et toutes les informations collectées font apparaître que les poissons de BEO sont moins méfiants (plus gourmands ?) et donc assez actifs aux alentours de la période de fraie, mais aussi à la période où le lac est normalement au plus haut !
Ceci constitue les 2 premiers paradoxes mais il faut savoir que BEO est un lac bourré de paradoxes…
Il faut dire qu’il n’est pêché à la canne que depuis un peu plus de 5 ans maintenant, et donc, il faut voir si au fil des années, il ne finira pas par ressembler totalement à tout ce qu’on a l’habitude de rencontrer sur notre continent. Une petite vue de l’ensemble du lac…


… et une vue des postes pêchés lors de mes 2 précédentes expéditions…




Fin mars 2011, alors que les préparatifs sont en cours et que je m’arrange avec Éric afin de voir s’il veut monter en Belgique 2 ou 3 jours plus tôt afin de lui faire découvrir les magasins de pêche belges, je reçois de Jet4You, confirmation de l’annulation de notre vol et une proposition pour prendre le suivant c.à.d. décollage en début de nuit du vendredi pour arrivée au petit matin au lac.
La guigne commencerait-elle déjà ?

N’ayant pas vraiment le choix, nous acceptons ce nouvel horaire, lequel finalement tombe à pic (c’est le cas de le dire) puisque lorsque nous enregistrons nos bagages le soir venu, nous apprenons qu’un F16 s’est planté sur la piste en fin d’après midi et qu’en conséquence, toute une série de vols ont été détournés ou annulés durant plus de 3 heures !
La roue tourne t’elle et la chance est-elle de retour ?

La durée de notre vol Charleroi-Casa dure un peu plus de 3h00 et pour atteindre BEO, qui est séparé de Casa de près de 260 kms, il faut à notre chauffeur marocain, Badr, près de 04h00. Celui-ci reste assez prudent et respectueux des limitations de vitesse, car même de nuit, la police marocaine est présente.
A notre arrivée à destination, nous sommes émerveillés par les magnifiques paysages de ce lac aux multiples avancées de terre rouge, lesquelles offrent aux pêcheurs d’innombrables hot-spots à cette période de l’année. Pour moi, il s’agit de ma 3ème visite, mais malgré cela, je reste subjugué par la beauté de ce lac qui me fait un peu penser au Salagou mais en version XXXXL.

Aux abords du lac, le matos attend sagement l’arrivée des derniers pêcheurs, dont nous faisons partie, et le convoyage sur les postes choisis…
Toutes les équipes placées par Marc sont déjà en place depuis 1, 2 ou 3 jours, au contraire de celles de Clément, qui lui, ne m’a pas donné cette possibilité, et m’a même certifié que c’était impossible !
De même qu’une équipe française des environs de Metz, je râle un peu d’apprendre qu’il existe 2 poids, 2 mesures, car il est certain que les pêcheurs placés par Marc bénéficient non seulement de meilleurs tarifs aériens en voyageant en semaine, mais aussi qu’ils occupent dès lors, forcément les meilleurs spots puisqu’ils arrivent 2 ou 3 jours avant les autres pêcheurs ayant fait confiance à l’organisateur français, et savent par conséquent où, sur le lac, les meilleures pêches ont été réalisées.
En sus, Simo m’assure aussi, que comme d’autres équipes actuellement placées par Marc, j’aurais pu rester 10 jours d’affilée, ce qui était mon intention première, mais qui me fut également refusé par Clément. A coup sur, j’y regarderai à deux fois lors de mon prochain voyage là-bas.





Le spectacle offert par les sauts de carpes dans la grande baie nous tient en haleine… et nous font presque oublier les 2 heures d’attente à la venue de Simo.
Simo, est le responsable principal actuellement désigné par Marc. Celui-ci reste maintenant plus souvent au village afin de s’occuper de la gérance de l’hôtel Assounfou.
Clément, notre TO français, n’est actuellement plus en place au Maroc et semble continuer son business via la France et aussi via les hommes désignés par Marc pour veiller aux bons soins des pêcheurs, ce qui n’est certainement pas la meilleure option en cas de problèmes urgents à régler sur place.
Ainsi, quelques photos et quelques sauts plus tard, le 4x4 blanc de Simo arrive au camp de base... Le camp de base… en arrière plan




Après les présentations d’usage avec les 3 italiens et 2 français qu’il transporte, il nous demande, si nous avons planifié un emplacement particulier.
Puisque tous les postes convoités et mentalement préparés s’avèrent déjà occupés, Éric et moi décidons de se la jouer à la marocaine, à savoir :
« Inch Allah (si Dieu le veut) »
« Ca va, ca va… »
« No worries , pas de soucis, on verra bien … »

C’est aussi les vacances après tout…

Vers 11h00, nous nous fixons finalement tout en amont du lac, au poste dit « la rivière ».
Simo nous apprendra en fin de séjour que celui-ci sera finalement rebaptisé « le poste de la rivière Franco-belge » suite à notre belle pêche et aventure commune, le tout dans une excellente ambiance.
Celui-ci semble flairer le « fish »…
Celui-ci se présente comme une petite pointe rocailleuse de près de 40 mètres, qui avance dans le lac…



En face de nous, à 1h, une pointe rocheuse avec des énormes blocs de pierres tombés en bordure du lac et juste en face à 12h, une grande baie qui finalement s’avèrera distante après mesure du point GPS, d’un peu plus de 500 mètres.



Sur notre droite, à 2h et à moins de 800m, les premières larmes de la rivière arrivent au lac…


Sur notre sur notre gauche enfin, de 9 à 11h, la grande ouverture qui « lance » la rivière vers le lac…




Enfin, en bordure, de part et d’autre, à gauche et à droite, 2 petites anses de moins de 50m, lesquelles s’avérèrent au décompte final, assez productives.
En questionnant « Lacen », notre local, habitué au pilotage de la barge, du catamaran ou des barques…




Que 2 français ont pêchés le poste, il y a quelques jours seulement, et ont fait quelques poissons de toutes tailles lors des dernières heures de leur séjour.
Toutefois, il reste très évasif à nos questions, et la difficulté majeure rencontrée avec tous les autochtones, c’est de parvenir à les faire parler clairement car leurs réponses sont souvent du genre… « Inch Allah » , « Ca va, ca va… »
La confiance monte très vite, car à peine installés, nous avons la joie de voir déjà plusieurs sauts tout autour de notre avancée rocailleuse. Une vue générale et en altitude de notre poste…




L’échosondage, la préparation des cannes et les déposes sont finalement effectués et terminés peu avant 19h00 le samedi, et n’ayant pratiquement pas dormis depuis près de 24h00, il ne faut pas compter jusque trois pour trouver le sommeil.
Au petit matin du dimanche, nous constatons que les sauts se font plus de plus en plus rares.
Cet état de fait cumulé au silence total enregistré par nos Delkims durant la nuit, fait naître en nous un peu d’inquiétude, car les jours passent vite, et en somme, nous ne restons même pas 6 jours complets en action de pêche.

Heureusement, grâce à un sondage minutieux de notre large secteur, les déposes faites en adéquation et la qualité de nos montages (simples mais robustes), nous arrivons à trouver l’espoir au travers de 2 petites carpes faites en soirée… La 1ère, une miroir, affiche un poids de 12kg400, et une certaine parenté antérieure avec une linéaire…



La seconde, plus petite (9kg800), représente une 1ère pour Éric sur les terres marocaines…


Et donc qu’importe le poids pourvu qu’il y ait l’ivresse…




Le lendemain, à l’heure du petit café matinal, j’enregistre coup sur coup, une casse en bordure gauche à 08h00 et la prise d’une petite commune de 7kg200, 20 minutes plus tard. Une fois encore, nous avons passé une très bonne nuit dans nos duvets, avec une température extérieure oscillant entre 10 et 14º, et sans dérangements aucun de nos cyprins favoris.
On profite de la matinée pour organiser notre reconversion dans une entreprise de chaussures locales…



Ou s’essayer dans l’élevage des moutons…



Ou encore en ce qui concerne Éric, pour tailler bavette avec les dames de ces lieux…



Les spécificités locales, c’est aussi cela…


Ou encore ceci…


Une autre prise d'Eric, notre nouveau FNL...





Mécontent de l’état de notre batterie, nous faisons part à Simo de la nécessité de la changer au plus tôt ainsi que de problèmes d’étanchéité et de gonflage rencontrés avec notre zodiac.
Quelques heures plus tard, notre fidèle Lacem, vient nous dépanner avec une technique de transport très en phase avec les coutumes locales…




Même si l’état des lieux de notre « nouveau » zod révèle quelques craintes, celui-ci finira par nous rendre de bons et loyaux services pendant toute le reste de notre séjour…




Une fois par semaine, les locaux peuvent aussi aller aux souks du village. Leur déplacement est facilité par l’utilisation d’un bac, lequel vient les chercher tout autour du lac et les transportent avec leurs animaux (ânes, chevaux, volailles et autres) afin de les déposer à distance raisonnable du village.


Toutefois, nous ne nous laissons pas distraire par toutes ces petites caractéristiques locales et profitons même de la visite de Saïd et Lacem pour immortaliser un petit doublé, illustré avec les chaussures locales ramassées autour de notre poste… pour représenter l’endroit pêché…


Quelques autres fishs tournant autour de 10-13kgs...





Le lundi, la pêche démarre vraiment pour nous avec 8 déroules et les deux seuls ratés de la semaine. Pour éviter les surcharges en avion et aussi par plaisir lors des combats avec nos cyprins chéris, nous utilisons durant pratiquement toute la semaine, la technique bien connue du caillou, lequel est maintenu à l’attache clip plomb standard à l’aide d’une fine lamelle de 5mm de chambre à air de vélo.
Pour ce qui est des poids, à l’exception d’une 13kgs, cela ne monte pas énormément et notre conviction profonde est, que c’est probablement le prix à payer comme sur tout grand lac, à savoir, les petites d’abord et les mémères ensuite… on ne croyait pas si bien dire…

Le mardi matin, vers 08h50, une nouvelle commune de 9kgs vient me dire bonjour. Il est à peine 09h00 maintenant et c’est au tour d’Éric de s’employer à combattre notre prochain run.
Cela ne traine pas. La canne dont j’ai positionné le montage la veille sur la pente d’un plateau localisé à ± 120m sur notre droite manifeste une forte secousse. Elle pêche en « snowman » de 20mm à la Banane jaune sur une profondeur de 6m lorsque, soudain le Delkim crache quelques bips consécutifs et le fil s’aplatit brusquement. C’est une touche à revenir. Éric empoigne la « Léon Spécimen Hunter » et s’évertue à récupérer le mou de la ligne, car le poisson revient en 4ème vitesse vers notre bord. Ni une, ni deux, je grimpe dans le zodiac et invite Éric à faire de même. « C’est un gros fish » je lui lance, « tu peux en être certain ». Le poisson nous ballade ainsi dans toute la partie droite de notre zone pendant plus de 30 minutes, et ce sans jamais nous faire voir une seule de ses écailles. Je me mets alors sérieusement à suspecter la présence de silures BEO. « Ce n’est pas possible » me dis-je, on en aurait déjà pris avant, au moins quelques-uns, et on en aurait parlé dans les articles précédents ! Je reviens vite sur terre, mais je commence à imaginer un scénario noir, avec une casse ou une décroche, tant la tension imposée par Éric à la canne est forte, et tant le poisson s’attèle à rester dans les grandes profondeurs et nous faire visiter sa demeure «abyssale».

Éric me rappelle qu’on lui a toujours dit qu’une carpe piquée repart toujours d’où elle vient… Elle nous fait ainsi tourner pendant près de 15 minutes à plus de 10m de profondeur tout en veillant bien, à garder le lit de la rivière. Éric pompe le poisson à de multiples reprises, mais dès qu’il prend 1 ou 2 tours de bobine, le fish lui en reprend 3 ou 4 ! Incroyable ce combat !
De mes 20 ans de carpistes, je n’ai jamais vu combat aussi puissant, et pourtant après avoir arpenté les berges des archi-connus Sarulesti, Mequinenza, Cassien, Madines, Salagou, Der, Montbel, Pareloup, Orient, ou encore les rivières telles que Lot ou Meuse, je peux dire que j’en ai connu des déroules… mais jamais, au grand jamais avec autant de vigueur que celle-ci.
Que se passe-t-il là-dessous ? Éric me propose la canne afin de voir ce que j’en pense. Je décline poliment, car je m’imagine déjà le pire si je lui décroche son poisson. Après plusieurs corrections de dérive au moteur électrique, et après 30 minutes de combat, on voit dégazer plusieurs fois et on devine une splendide carpe miroir dans les 5 derniers mètres sous notre bateau.

Je dis à Éric « purée mec, t’a choppé une grosse linéaire. Celle-là, il faut qu’elle rentre au 1er coup ». Lors de la seconde tentative, elle rentre enfin dans l’épuisette
Pour ne pas l’abimer, on revient à notre base tranquillement, en tenant la splendide linéaire dans l’épuisette, le long du bateau. Nous sommes heureux car c’est assurément notre plus gros poisson de la session, et qui plus est, on est spécialement venu au Maroc pour prendre ce genre de spécimen.

La pesée indique 17kg900 net. Quoi qu’il arrive, notre session est déjà réussie. C’était sans savoir que le plus beau restait encore à venir…

Éric et sa belle…



L’équipe FishingNoLimit… du pur bonheur…



Au fil des jours, les déroules continuent et quelques poissons plus jolis commencent à faire partie du spectacle… 11kg200, 14kg600, 13kg400, 13kg600.


Certaines ont des nageoires caudales complètement démesurées, avec plus de 30 cms pour certaines pour un poids d'à peine 13kgs…


La nuit du mercredi/jeudi, nous enregistrons une tempête de sable, d’une violence folle, mais qui s’étouffe assez rapidement après une heure tout au plus. Comme depuis le début de notre session, la nuit est très calme en terme de déroule, et finalement nous ne prendrons que 2 poissons de nuit (23h40 et minuit tout rond) sur l’ensemble de notre session. Jeudi matin, vers 11h15 une belle commune bien grasse de 18kgs tout rond me fait le plaisir de venir tester le tapis de réception. Elle a aussi de superbes belles grosses écailles sous le bas de sa grosse panse.








Simo nous informe le jeudi midi qu’il ne sera finalement pas possible de prendre une douche à l’hôtel de Marc avant de repartir pour l’aéroport le lendemain car Badr, notre chauffeur, est aussi chargé de transporter les 2 autres équipes belges en même temps que nous. A 7 dans le 4x4, avec tous les bagages, c’est quand même être fort limite…
Dès lors, comme il accepte finalement ma proposition d’aller la prendre le jeudi soir, je suis le premier à regagner le village à pied au travers tous ces rochers. Sous ce soleil tapant encore à près de 30º vers les 16h00, je gagne donc le village accompagné de Lacem, venu à ma rencontre à mi-chemin. Il me faut près de 30 minutes pour atteindre le village lequel est situé assez bien sur la hauteur et c’est une grande satisfaction pour moi de trouver un peu de commodités après ces 6 jours de baroud. Lorsque je suis de retour, Éric m’informe de la prise de 2 nouveaux poissons, et me dit qu’il a la conviction profonde qu’on ne s’arrêtera pas en si bon chemin… Quel devin celui-là… Alors qu’il est parti à son tour se rafraichir, je retends et dépose les lignes avec précision, et commence à préparer mes bagages afin d’être prêt pour notre retour du lendemain.
Soudain un de mes Delkims s’emballe. C’est un montage placé en bordure, esché de maïs géant et d’une boule 14mm Ananas pop-up. Je saisis la canne, mais au bout cela, c’est le turbo et cela ne se laisse pas faire. C’est à nouveau du costaud. J’évite de peu mon premier Atropa, ensuite elle file plein pot vers le second, que j’évite de justesse en bridant un maximum.
Finalement elle part une cinquantaine de mètres sous mes 2 cannes centrales, et me gratifie ensuite d’un nouveau rush en sens inverse, ce qui m’oblige à plein de gymnastique en dessous et au dessus des cannes, au beau milieu de ces rochers instables. A un moment, complètement déstabilisé par tant de nervosité, je me rattrape de travers au milieu des grosses et j’entends une belle torsion de mon genou droit ! Qu’importe, le fish est très gros… il faut passer au dessus des petits bobos… Je la sens se débattre et refuser ma domination… cela décuple ma motivation et m’aide à éviter de penser à mon genou… C’est une commune, elle est immensément grosse et longue, et là je deviens tout doucement très nerveux car je réalise que c’est un mammouth et que je suis en train de la brider comme un malade… C’est par pour rien qu’on m’appelle Ferre_sec…
Je suis seul contre ce bœuf marocain, et heureusement que j’ai pris soin de courir chercher l’épuisette avant de m’occuper du « run », car sans cela, je ne serais vraiment pas fier… Plus que quelques mètres, et fort de confiance sur la qualité de mes montages et de mes arrachés, je bride la belle à mort et fini par l’emmailloter au fond de mon épuisette. Ca y est, quelle belle surprise pour terminer notre session. J’essaye de la lever de la main gauche en tenant la canne de la droite, mais là, je suis présomptueux, et bien vite je laisse la canne à terre et saisi l’épuisette à deux mains. Je pèse rapidement afin de me faire une idée plus précise sur sa consistance, et là, mes yeux s’illuminent… Je pleure presque… L’aiguille dépasse les 26kgs et frôle avec les 26kgs500, sac compris…
Ni une, ni deux, je place la belle en sac, et j’appelle Simo qui accompagne Éric et Lacem.
Ils m’annoncent être en train de déguster une bière bien fraîche avec Éric…
Était-ce une prémonition ? Je ne sais pas, mais je leur annonce que des bières fraîches, ils peuvent m’en amener un frigo complet, étant donné le cadeau du ciel que Dieu m’a fait (Inch allah).

Une petite demi-heure plus tard, c’est l’heure du verdict et des photos juste avant la disparition du soleil… 25kgs200 de muscles…










Un doublé FishingNoLimit de près de 40 kgs (au total bien sur)... cela devient vraiment lourd après plus de 10 minutes de photos...




Finalement, notre belle petite session de presque 6 jours se terminera par la prise de 22 poissons pour 24 déroules, avec 3 belles typiques de BEO.
Le retour au camp de base arrosé avec une petite mousse locale...




Ce genre de dépaysement fait réellement du bien même si il faut bien entendu s'adapter à d'autres conditions... A
près tout, n’est-ce pas cela aussi qu’on appelle « la baroude " ???
Par exemple, en terme de nourriture, il faut parfois (le midi surtout) faire un peu ceinture, ou alors se rattraper sur autre chose, hic, hic, …




L'état du matos commence aussi sérieusement à arriver à terme, ce qui est normal après 5 ans d’utilisation intensive.
Un renouvellement s'impose assez rapidement mais espérons qu'il n'y ait pas de répercussion sur les tarifs appliqués, car selon moi, pour 6 jours de pêche, c'est déjà à la limite de ce qu'on peut demander et c'est aussi la limite que beaucoup de pêcheurs sont prêts à donner. Il ne faut pas que cela devienne une aventure uniquement destiné aux nantis...
En effet, pour une aventure comme celle-là, il faut raisonnablement compter entre 120 et 300 euros pour le ticket d'avion selon la vitesse de réservation + 550 euros pour les 6 jours sur place + les boissons (compter 150 euros par personne sans exagérer avec le partage des frais du moteur électrique et le maïs) + les frais administratifs (passeport en ordre, de préférence) ou encore pourboires, et on atteint vite 1000-1200 euros/pêcheur. La prise de quelques spécimens aide grandement à l'adaptation et à gommer les quelques aléas rencontrés. Comme toujours, la conclusion personnelle dépendra bien sur du caractère du pêcheur, mais aussi, sera fortement influencée par les résultats des uns et des autres. Les chanceux diront vite que c'est une expérience formidable, en oubliant de mentionner les divers problèmes rencontrés, alors les moins performants trouveront à redire sur tout, uniquement parce qu'ils n'auront pas pris de gros fishs. Pour ma part, après 3 expériences là-bas, je peux dire que j'ai vécu à chaque fois 3 expériences totallement différentes, mais oh combien enrichissantes en terme de relation humaine, à savoir: En juin 2007, avec Mickaël, une quinzaine de déroules, avec 16kgs400 pour le plus gros fish, et une belle découverte du lac sur 3 postes différents. En décembre 2008, un beau capot en famille, avec ma femme et ma fille entre Noël et nouvel an, et l'essai de 2 nouveaux postes. Et enfin maintenant, une session formidable avec Eric, mon pote du FNL et du Der, avec 3 superbes poissons.

En conclusion, je dirais que, ce genre de "baroude", c'est aussi l'occasion de recadrer notre pêche avec son leitmotiv initial, et par conséquent, faire abstraction des habitudes bourgeoises vers lesquelles la plupart des pêcheurs s'orientent aujourd'hui.


Pour le FishingNoLimit...
Thierry...alias Ferre_sec

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